
Le secteur du crowdfunding immobilier a radicalement changé depuis 2022. Les plateformes qui affichaient 0 % de défaut il y a trois ans naviguent aujourd'hui autour de 30 %. Ce comparatif s'appuie sur les données publiées par les plateformes elles-mêmes au format FPF, croisées avec le baromètre mensuel Argent & Salaire.
Avant d'entrer dans le détail : le crowdfunding immobilier et l'immobilier fractionné ne sont pas la même chose. Dans le premier, vous prêtez de l'argent à un promoteur. Dans le second, vous achetez des parts d'un bien existant et touchez des loyers. Tantiem fait partie de la deuxième catégorie. Les deux peuvent coexister dans un portefeuille, attention à ne pas les confondre !
Nous présentons le taux de rendement moyen à la souscription, lataux de défaut en montant (projets avec plus de 180 jours de retard), le taux de perte définitive en capital, et la durée réelle à la clôture vs durée annoncée. Les indicateurs viennent des plateformes elles-mêmes via FPF (Financement Participatif France).
Le taux de défaut du segment immobilier atteint 25,84 % en avril 2026, en légère baisse après un pic à 26,21 % en 2025. C'est la première baisse depuis 2022. Le taux global tous segments (ENR + PME inclus) s'établit à 18,55 %.
Tantiem n'est pas une plateforme de crowdfunding : vous achetez des droits sur un bien existant, déjà loué, avec des locataires en place. Les loyers sont versés chaque mois. Aucun chantier, aucun promoteur à risquer.
Les investisseurs qui viennent vers Tantiem après avoir testé le crowdfunding cherchent généralement la même chose : des revenus réguliers, un actif qu'ils comprennent, moins de suivi actif.
La Première Brique est actuellement une des références sur le crowdfunding immobilier pur. 11,5 % de rendement moyen, taux de défaut à 8,67 % (en baisse), 0 % de perte en capital. Le fonds iXO Private Equity est entré au capital en 2025. Volume important de projets, communauté active. À condition de sélectionner les dossiers plutôt que d'investir en automatique. Durée moyenne : 19 mois.
Fundimmo, filiale de Foncière Atland, affiche des indicateurs parmi les plus solides du segment immobilier pur : 17,69 % de défaut (en baisse), 0 % de perte. Ticket à 1 000 euros, durées courtes (~16 mois), éligibilité PEA-PME sur certains projets.
Monego : 126 millions d'euros financés, taux de défaut à 11,70 %, perte à 0,50 %. Moins connu que ses concurrents mais des indicateurs sains. Ticket à 100 euros.
Stomea : lancée en 2023, encore peu de recul mais les chiffres publiés sont bons. Taux de défaut à 6,34 % (en baisse), 0 % de perte, durées très courtes (~11 mois). À suivre.
Raizers a financé 440 millions d'euros sur 445 projets depuis 2013. Taux de défaut à 26,29 %, 0 % de perte. La plateforme est reconnue pour son agressivité dans le recouvrement des projets en retard. Cela ne change pas le fait que 26 % de l'encours est immobilisé au-delà des durées annoncées.
Anaxago : défaut à 28,47 % (en hausse), taux de perte non publié. Positionnement hybride immobilier + equity PME. Volume de projets immobiliers en recul depuis 2022.
Baltis : défaut à 28,12 %, 0 % de perte. Durées courtes (~16 mois), éligibilité PEA-PME. Ne publie pas son rendement global, ce qui complique l'analyse.
Clubfunding : premier acteur à dépasser le milliard financé. Défaut à 31,36 % (en légère baisse). Ne publie pas son taux de perte. Diversité sectorielle réelle, intérêts mensuels appréciés. Mais investir passivement sur cette plateforme avec ces indicateurs serait une erreur.
Homunity : défaut à 35,10 % (en hausse), mais taux de perte tombé à 0 % (vs 10,85 % il y a quelques mois). Le chiffre de défaut continue de monter. La solidité du groupe Tikehau est un filet opérationnel, pas une garantie de remboursement.
Wiseed : défaut à 22,76 % (en baisse), mais taux de perte à 6,45 % (en forte hausse). Des projets précédemment "en retard" sont désormais soldés en perte. C'est l'indicateur le plus préoccupant du baromètre d'avril 2026. La décision de rendre le recouvrement payant pour les projets en défaut est un point de vigilance sérieux.
Enerfip (ENR) : défaut à 0,31 %, 0 % de perte, rendement 7,4 %. Les projets sont adossés à des contrats d'achat d'électricité sur 20 ans. Le profil de risque est structurellement différent du crowdfunding immobilier pur.
Lendosphere (ENR) : défaut à 0,34 %, 0 % de perte, rendement 6,3 %. Durées longues (~42 mois), projets souvent réservés aux habitants proches. La meilleure option pour une poche impact à faible risque.
Bricks : défaut à 7,23 % mais seulement 17,75 % du capital remboursé à date. La base de calcul est encore trop réduite pour que ce chiffre soit significatif. Interface soignée, croissance rapide, mais pas assez de recul pour recommander. Tickets modestes si vous testez.
Le taux de défaut ne dit pas tout. Un projet en défaut depuis 30 mois qui rembourse finalement 90 % du capital n'est pas une perte, mais ce n'est pas non plus le rendement annoncé. La durée réelle compte autant que le taux nominal. Un projet à 10 % sur 18 mois qui prend 32 mois à se clore délivre un TRI bien différent de ce qui était prévu.
La qualité du reporting compte aussi. Certaines plateformes communiquent régulièrement et précisément sur les projets en retard. D'autres restent silencieuses pendant des mois. La différence est palpable quand votre argent est bloqué.
Dans le crowdfunding, vous prêtez. Rendement potentiel élevé sur le papier, durée courte en théorie, mais liquidité nulle et risque de retard devenu structurel. Aucun accès à la plus-value immobilière si les prix montent.
Dans une SCPI, vous achetez des parts d'un parc géré. Dividendes trimestriels (~5-6 % pour les meilleures SCPI en 2026). Frais d'entrée élevés (8-12 %). Patrimoine diversifié, gestion déléguée.
Avec Tantiem, vous investissez dans un bien identifié, déjà loué. Loyers mensuels, accès à la plus-value, ticket à 100 euros, pas de chantier à risquer. Le risque principal est l'évolution de valeur de l'actif sous-jacent, pas la faillite d'un promoteur.