
Vous prévoyez d'acheter, de vendre ou d'investir en 2027 ? Avec les taux qui remontent, les prix qui reculent légèrement, l'élection présidentielle prévue au printemps .... l'année s'annonce pleine d'incertitudes. Voici ce que disent les chiffres les plus récents et ce que personne ne sait encore, et nos 3 scénarios pour vous aider à y voir (un peu) plus clair.
Le point de départ de 2027 est un marché qui marque clairement le pas. Au deuxième trimestre 2026, les prix des logements anciens ont reculé de 0,8 % sur un an, selon l'indice Notaires-Insee, après une stabilité au premier trimestre. Ce sont surtout les maisons qui baissent (-1,3 %), les appartements restant quasi stables (-0,1 %).
Le nombre de ventes, lui, se stabilise : environ 958 000 ventes sur les douze mois à fin juin 2026. Cela ne représente que 2,5 % des logements, loin du record de 3,3 % atteint en 2021 : les Français déménagent et vendent moins souvent qu'avant. Pour l'ensemble de 2026, la Fnaim table sur 900 000 à 920 000 ventes.
Côté crédit, le taux moyen atteignait 3,31 % en août selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, et les barèmes de septembre le portent autour de 3,5 % sur 20 ans. Et l'inflation repart, principalement sous l'effet de l'énergie : 2,4 % sur un an en août, selon l'Insee.
Avant de parler de 2027, une petite mise au point. Certaines choses sont connues : le calendrier du DPE, les dernières décisions de la BCE et les chiffres publiés jusqu'à l'été 2026. D'autres ne le sont pas : l'évolution de l'inflation, le résultat des élections évidemment, les décisions budgétaires et le niveau des taux dans six mois.
C'est clairement le facteur numéro un. Le coût de l'argent pour les banques dépend largement du taux auquel l'État emprunte sur dix ans (l'OAT), qui a dépassé 4 % cet été. Chaque dixième de point compte. Un ménage qui peut rembourser 1 400 € par mois emprunte environ 241 400 € sur 20 ans à 3,5 %, mais seulement 231 000 € à 4 %. Notre article sur la hausse des taux de crédit immobilier détaille ce mécanisme.
La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs le 10 septembre 2026. Dans ses dernières projections, elle anticipe une inflation de 2,5 % en moyenne en 2027 dans la zone euro, avec un retour autour de 2 % seulement vers la fin de l'année. Une inflation durablement plus élevée pourrait compliquer beaucoup de choses.
Le contexte politique sera également à surveiller en 2027, avec l'élection présidentielle au printemps et les choix budgétaires qui l'accompagneront. Selon les Notaires du Grand Paris, l'anticipation de l'élection freine d'ailleurs déjà une partie du marché (et nous le voyons au quotidien chez Tantiem)
Le neuf reste en très grande difficulté, avec l'une des plus graves crises immobilières des 20 dernières années. Les prix y dépassent 5 000 € le m² en moyenne, et le dispositif Jeanbrun, qui a remplacé le Pinel en février 2026, peine à attirer les investisseurs. Moins de logements neufs aujourd'hui, c'est une offre plus rare demain.
Dans le scénario intermédiaire, les prix restent globalement stables en moyenne, avec des écarts importants selon les villes et les biens. Les logements bien situés et correctement classés au DPE pourraient mieux résister. Les biens énergivores ou affichés trop cher pourraient, eux, nécessiter une décote pour trouver preneur.
Les avis divergent. Plusieurs courtiers jugent possible un taux moyen autour de 4 % sur 20 ans d'ici fin 2026 ou début 2027. D'autres analyses envisagent un retour vers 3 % au cours de 2027, si l'inflation reflue et si les marchés sont rassurés par le budget.
Pour 2027, les scénarios évoqués couvrent donc une fourchette assez large, autour de 3 à 4 % sur 20 ans. Tout dépendra de l'inflation, des taux de marché et des décisions de la BCE. Pour mesurer ce que représente vraiment un taux de 3,5 %, notre article taux immobilier et inflation montre qu'un crédit coûte bien moins cher qu'il n'y paraît quand l'inflation tourne autour de 2 %.
Le « marché immobilier » national est une moyenne. Dans la réalité, il existe des centaines de marchés locaux, qui évoluent parfois en sens inverse. Au deuxième trimestre 2026, les appartements continuaient de progresser légèrement en Île-de-France, alors que les maisons y reculaient, et que la baisse était plus marquée en province.
C'est pourquoi nous publierons prochainement des analyses détaillées ville par ville, avec les prix, les loyers et des exemples concrets pour chacune.
Léa et Hugo gagnent ensemble 4 000 € nets par mois. En respectant la règle des 35 % d'endettement, ils peuvent consacrer 1 400 € par mois à leur crédit. À 3,5 %, ils empruntent environ 241 400 € sur 20 ans. Si les taux montent à 4 % d'ici leur achat, leur budget recule d'environ 10 000 €. S'ils redescendent à 3 %, il progresse d'environ 11 000 €. Dans les deux cas, l'écart reste du même ordre que ce que peut rapporter une bonne négociation sur le prix.
Pour aller plus loin sur le timing, lisez notre analyse : faut-il acheter quand les taux sont hauts ?
Pour l'investisseur, 2027 cumule plusieurs défis :
Les biens énergivores achetés avec une décote pour les rénover peuvent être de vraies opportunités, à condition de bien chiffrer les travaux.
Pour un épargnant qui souhaite diversifier son exposition à l'immobilier sans recourir à l'emprunt, l'immobilier fractionné constitue une autre configuration d'investissement. Il permet d'accéder à des actifs immobiliers avec un montant bien plus faible qu'un achat direct. En contrepartie, l'investisseur reste exposé aux risques propres à l'actif, à l'émetteur et à la liquidité, dont le risque de perte en capital.